Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 11:36

Génération XTout d'abord, une petite explication sur le titre s'impose.

"Génération X" décrit la génération née dans les années 1960-1979 et ce terme de X a un caractère péjoratif, il a été utilisé pour décrire une génération qui n'a pas su trouver ses repères contrairement à celle de ses parents qui sortait de la deuxième guerre mondiale et qui devait reconstruire le pays.

Notre esprit étant un peu moins embrumé, commençons.

"Génération X" de Douglas Coupland (Ed Robert Laffont et 10-18) est un roman qui ne ressemble à aucun autre.

L'auteur met en scène trois personnages: Dag, Andy et Claire, trois jeunes d'une vingtaine d'années habitant dans trois bungalows dans un coin isolé de Palm Springs. Ils vivent de petits boulots, sans se préoccuper de l'avenir.  Tous sont désabusés, ils s'imaginaient une vie enrichissante, intéressante alors qu'ils doivent faire face à une existence ennuyeuse, stéréotypée et dirigée par l'argent, le pouvoir, la société de consommation.

Pour éviter toute désillusion et tout désespoir, les trois amis se racontent des histoires, des tranches de vie glanées ici et là qui leur permettent de rester à flot. Des petits moments d'éternité, de bonheur qu'ils ont réussi à attraper et qu'ils se livrent à des moments où l'un ou l'autre en a besoin.

Petit extrait  assez révélateur du ton du livre (Andy passe Noël en famille) : "Il est temps de fuir. je veux retrouver ma vie, la vraie, avec ses drôles d'odeurs, ses îles de solitude et ses longues et limpides virées en voiture. Je veux mes amis et mon boulot d'abruti, servir des cocktails à des paumés."

Ce roman est à classer à part dans sa construction. Coupland nous envoie pêle-mêle des aphorismes acérés, qui nous coupe un peu dans la lecture du roman mais tellement réels. En voici quelques-uns:

"Resituage : Quitter son boulot pour un autre qui paie moins mais qui vous resitue sur la voie de l'apprentissage".

"Catogan ramollo : Membre de la génération baby-boom, d'âge mûr, fatigué par la vie et nostalgique des temps hippies d'avant la fatigue"

"McJob : Boulot à petit salaire, petit prestige, petite dignité, petit profit et sans aucun avenir, dans la branche des services. Fréquemment considéré comme un choix de carrière intéressant par les gens qui n'ont jamais eu le choix."

Un livre à lire, rempli d'humanité, de tendresse, de révolte.

Je conclurai par l'avis de Beigbeder "Avec Génération X, best-seller aux USA, Coupland a écrit le manifeste de ceux qui ont eu l'idée imbécile de naître entre 1960 et 1970. Ceux qui sont nés après la bataille et qui vieilliront dans le siècle prochain."

Tout est dit.

 

 

Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 10:50

Vous plaisantez, monsieur TannerAprès avoir délaissé un bon moment ce blog, je vais tenter de le faire revivre tranquillement. Non que je n'ai pas ouvert le moindre bouquin depuis le dernier article mais l'envie d'écrire des critiques s'était tout simplement envolée...

"Vous plaisantez, monsieur Tanner" de Jean-Paul Dubois (Ed de L'Olivier) est un livre qui part d'une idée tout bête: décrire la vie d'un chantier.

Le narrateur Paul Tanner, documentariste animalier hérite de la maison familiale en ruine. Décidé à  la restaurer, il vend sa demeure et se lance à corps perdu dans sa nouvelle tâche: lui redonner vie.

Mais évidemment, rien ne se passe comme prévu.

Ce livre est une bouffée d'oxygène. On reconnait de suite la plume "D'une vie française". On vit l'avancée des travaux en même temps que le narrateur. On rit, on se prend de pitié pour ce pauvre bougre qui attire la poisse,

Le récit est bourré d'humour, d'humanité, de vie... Les artisans vont et viennent au fur et à mesure de l'avancement de la rénovation. On partage leurs vies, leurs préoccupations, leurs états d'âmes.

Le style de Dubois a ce pouvoir de nous plonger totalement dans ce récit. On aimerait aider Tanner dans ses peintures, dans sa pose de tuiles, engueuler avec lui tous ces incompétents...

Un livre qui se lit tout seul, qui nous fait sourire du début à la fin.

Petit passage : "Je suis Pierre Coty. Sur les chantiers on me surnomme "Le président". A cause de René Coty". J'aurais dû comprendre que cette entrée en matière annonçait des lendemains difficiles, du sang, des larmes, un ou deux tremblements de terre, suivis d'un inévitable tsunami et d'une épidémie de typhus".

Un agréable moment de lecture.

 

Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 07:06

Je vois que mon dernier article date un peu désormais! Que voulez-vous, entre le boulot et la flemme, ce blog se meurt petit à petit...
Mais bon, depuis l'ultime billet concernant le livre sur le débarquement, n'allez pas croire que je me suis résolu à ne plus ouvrir de livre, loin de là! Mes yeux, mon cerveau et mon esprit ont besoin de se nourrir continuellement de récits, de romans, d'enquêtes...
Puisque ma saison savoyarde se termine et l'envie de faire revivre est réapparue, voici une petite synthèse de ce que j'ai pu lire durant ces quatre mois sous la neige et le froid...
En premier lieu, "Danseur" de Colum McCann (Ed Belfond), le roman sur la vie d'un danseur russe Rudik (en réalité Rudolf Noureïev), où le pouvoir magistral de narration de l'auteur réussit à nous faire voyager dans cette existence folle pourrie de sexe, d'excès.... Un livre agréable à lire, du McCann des grands jours.
Ensuite, "Des nouvelles de Cuba" (Ed Métaillé) qui rassemble 27 textes d'auteurs cubains. Un littérature dépaysante, des récits classés par ordre chronologique nous permettant de constater une certaine évolution dans l'écriture, dans la perception de l'environnement, qu'il soit politique ou social. Un recueil qui ne restera pas dans les annales mais qui a le mérite d'exister.
Puis vient "La femme de hasard" de Jonathan Coe (Ed Gallimard et Folio), premier roman de l'auteur qui décrit l'histoire sinistre de Maria, jeune fille de milieu modeste, pour qui la vie n'est qu'une succession d'accidents, de hasards... Un livre subtil sur la société, sur les institutions, sur l'affirmation du besoin de posséder les choses pour être heureux... Une écriture fine et ciselée, une lucidité extraordinaire qui font de ce premier roman, une magnifique oeuvre.
Arrive "Asiles de fous" de Régis Jauffret (Ed Gallimard et Folio), une banale histoire d'amour au premier abord mais qui tourne vite à la folie pure et simple. Une histoire qui devient démesurée au fil et à mesure des pages, le rôle des parents du petit ami qui varie après chaque chapitre, une femme totalement perdue mais émergeant lentement.... Un roman étrange, vif, décrivant sans retenue le couple, l'amour et la famille qui n'en ressortent pas indemnes. A noter que ce livre a reçu le Prix Fémina 2005 (le mérite t-il vraiment?).
Vient  "Un secret" de Philippe Grimbert (Ed Grasset et J'ai Lu), l'histoire d'une famille juive durant la seconde guerre mondiale à travers les yeux d'un petit garçon qui s'est inventé un frère. Tout part d'une invention comme beaucoup d'enfants en font, mais au fil des pages, l'énigme s'éclaire, l'indicible apparaît. Un roman puissant, court. Un hymne à la vie et un hommage à tous ces disparus, victimes de la barbarie humaine.
Et "En route vers l'île de Gabriola" de Malcolm Lowry (Ed Denoël et Folio), l'histoire d'Ethan et Jacqueline qui viennent de perdre leur maison sur la côte canadienne. Un roman vaste, difficile à la lecture. Le choix de l'exil est ici l'obsession des deux personnages. Le roman avance lentement avec des retours en arrière qui nous perdent, une multitude de personnages plus ou moins intéressants... L'ivresse et la folie des deux héros pimentent le voyage. Les remises en questions permanentes, les contretemps font de ce bouquin une histoire apre mais touchante finalement.
"Honte et dignité" de Dag Solstad (Ed Les Allusifs), l'histoire d'Elias Rukla, professeur de norvégien, la cinquantaine, qui tente de cultiver une jeunesse indifférente, méprisante et hostile. Un jour de novembre, après avoir eu une illumination, il perd totalement le contrôle. Ce roman, long monologue est d'une force narratrice extraordinaire. Etre un personnage secondaire de sa vie...Voici le message de ce bouquin. Etre un spectateur de sa propre existence... Un livre à dévorer, une histoire touchante...
Enfin "Contours du jour qui vient" de Léonora Miano (Ed Plon et Pocket), nous narre l'histoire de Musango, petite fille de neuf ans, rejetée par sa mère sous prétexte de porter malheur. Le roman se déroulant dans un pays imaginaire, victime d'une guerre civile, le Mboasu. A travers la fuite de la fillette, Miano nous montre le visage grimaçant d'une Afrique victime de la guerre et de l'ignorance. Un bouquin qui a reçu le Prix Goncourt des lycéens mais qui ne m'a pas laissé un grand souvenir. D'accord le thème est dur, la réalité difficile à lire et à imaginer, mais je n'y ai pas trouvé une force littéraire suffisante pour me toucher.

Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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Vendredi 19 juin 2009 5 19 /06 /Juin /2009 13:54
Et oui, cela fait un bout de temps que ce blog n'a pas accueilli un nouvel article, mais que voulez-vous... Entre le boulot (sisi...) et l'impossibilité d'avoir accès internet le moment voulu, mon blogrank est en perdition...
Tant pis.
En ce moment, je suis dans "D-Day et la bataille de Normandie" d'Antony Beevor (Ed Calmann-Levy). Très bon livre, bien construit et richement documenté (cartes, citations...). Bien sûr, un livre(plus de 600 pages) réservé aux passionnés d'histoire...
Bon sur ce, retour au travail! Et a bientôt! Retour au 1 septembre! Bonne lecture à tous!
Par Mayennais - Publié dans : Autres
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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 07:17
Détails sur le produitNe connaissant cet auteur que de nom et voyant ses ouvrages (romans et autres) sur l'Egypte un peu partout (je vous l'accorde, beaucoup de soupes indigestes dans les supermarchés...), un brin de curiosité m'a fait opter pour ce bouquin.
"Que la vie est douce à l'ombre des palmes" de Christian Jacq (XO Editions) est un recueil de nouvelles nous offrant un éventail d'aventures étranges et mystérieuses. Les connaissances de Jacq sur ce pays nous transporte dans ses nombreuses histoires où une multitude de personnages s'y croisent : bergers, fils de Pharaon, scribes, paysans, soldats... Composé de 23 nouvelles aux valeurs inégales, les sujets choisis donnent souvent matière à réfléchir (le bien, le mal, l'avidité...). Quelques nouvelles (trop peu) sortent du lot, qui, il faut bien le dire, est assez ennuyant et redondant. "Le royaume des femmes", "Que la vie est douce..." et "Le bonheur du juste" sont les seules à m'avoir un tant soit peu accrochées.
Le livre est bien écrit, il ne faut pas dire mais il manque ce quelque chose qui donnerait à ces nouvelles une toute autre puissance.
Le contenu est bien souvent lisse, creux et trop moralisateur (pas bien de construire des hôtels partout, la justice punira les coupables et seulement eux...) et des histoires d'une ou deux pages n'ont à mon sens, aucun intérêt, si ce n'est exposer un simple fait sans rien broder autour... Dans certaines, j'ai l'impression de me retrouver face à face avec du Coelho (venant de ma part, c'est loin d'être un compliment...).
Un recueil qui passe comme une soupe sans goût avec une Egypte, comment dire... trop ou pas assez pour y croire vraiment...
Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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  • Mayennais
  • Avec les mots on ne se méfie jamais assez.
  • Homme
  • 31/07/1984
  • Pays de la Loire Mayenne
  • Histoires de livres... Critiques dithyrambiques ou assassines... Coups de coeurs et coups de gueules... Engueulez-moi si vous en avez envie! Félicitez-moi dans le cas contraire, cela n'engage à rien. Un sourire virtuel gratuit.

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