Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 07:20

Détails sur le produitJe n'ai jamais vraiment aimé les romans policiers. Pourquoi? Je n'en sais trop rien. Peut-être le sentiment que les histoires tournent en rond, que cela revient toujours au même...?Allez savoir. Et pourtant, ce livre, mais surtout ce titre m'a interpellé...
"La nuit interdite" de Thierry Serfaty (Ed Albin Michel) nous amène dans l'univers inquiétant de la psychatrie et des secrets du sommeil. Laurent Strelli, seul témoin du meurtre de sa femme et de sa fille, voit le visage de l'assassin disparaître inexorablement de sa mémoire. Cette intrigue nous transporte de Rio à Paris, en passant par Marseille en compagnie d'Eva, de Laura et du policier, Erick Flamand. Le sommeil est ainsi abordé de manière scientifique mais facilement compréhensible, ce qui donne un côté réaliste au livre. Empêcher à tout prix que Strelli ne s'endorme pour ne pas effacer totalement ce visage qui l'obsède.
Un roman policier prenant, une écriture simple avec un style rapide et incisif qui nous garde en haleine durant sa lecture. Fausses pistes, meurtres, double jeu, les ingrédients prévisibles du genre sont présents mais la découverte du caractère de Flamand, de ses démons donne une autre puissance au livre, un côté humain, plausible. De plus, l'auteur, grâce à ses connaissances de chercheur et de médecin, rend ce bouquin attachant de la première page à la dernière.
Petit passage : "Erick garda le silence. La seule voix de ce type le plongeait à nouveau dans cet univers qui lui semblait tellement étranger. Il songea à Laura, tellement féminine, jusque dans ses provocations. Ces images l'apaisèrent.
- C'est indiscret de te demander ce que tu fichais dans ce bar? demanda l'homme.
Erick tourna la tête vers lui, pour la première fois, et héla u ntaxi.
- Rien. Je voulais juste entendre ce que tu m'as dit
."
Un roman captivant..

Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 /05 /Mai /2009 08:08
Baisers de cinéma...Il est certain que beaucoup d'auteurs, grâce à leurs situations professionelles, ont des facilités à publier des ouvrages, souvent plus ou moins réussis.
"Baisers de cinéma" d'Eric Fottorino (Ed Gallimard) nous retrace la quête du narrateur,Gilles Hector, avocat au barreau de Paris, qui, depuis la mort de son père, passe ses fins de journée dans un cinéma d'art et d'essai à visionner sans jamais se lasser le cinéma en noir et blanc de la génération Nouvelle Vague. Car derrière les sourires figés de Delphine Seyrig, Romy Schneider, Françoise Dorléac, Anouk Aimée, Anna Karina ou Jean Seberg, Gilles pense saisir le mystère de son père, détecter une trace de sa mère. Son père, maitre lumière, a aimé beaucoup de femmes et laisser très peu d'indices à son fils quant à son origine maternelle. Puis durant ses recherches, Gilles tombe amoureux de Mayliss, jeune femme mariée et tous les deux vont vivre une relation passionnante mais épuisante...Enfin la fraîcheur de Camille vient à brûle-point dans le trajet funeste de Gilles.
Ce roman est bien construit, avec une écriture ciselée, la complexité des personnages donne une puissance littéraire au récit... On se laisse facilement transporter par le narrateur dans l'appartement de son père, avec ses centaines de photos d'actrices, ses images en noir et blanc que nous imaginons parfaitement. Une histoire qui parait toute simple au premier regard, mais Fottorino réussit à nous emporter dans sa recherche sans nous perdre en route, avec humour, douceur et violence (la scène du taxi à la fin du livre...).
La quatrième de couverture résume parfaitement l'intrigue : "Je ne sais rien de mes origines. Je suis né à Paris de mère inconnue et mon père photographiait les héroïnes. Peu avant sa mort, il me confia que je devais mon existence à un baiser de cinéma".
Un Prix Médicis 2007 logique.
Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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Mardi 26 mai 2009 2 26 /05 /Mai /2009 07:50
Détails sur le produitCertains livres de Science-Fiction (je ne parle pas des histoires de vampires, d'elfes...) ont souvent le mérite de nous faire réfléchir sur le sens de l'Histoire, sur les conséquences des choix faits et ce qui aurait pu arriver si les choses s'étaient déroulées différemment.
"Les îles du soleil" de Ian R. MacLeaod (Ed Gallimard) se trouve exactement dans ce genre de configuration. La Grande-Bretagne vient de perdre la Première Guerre mondiale et de là, tout découle: dépression, chômage, la honte, la révolte... Mais en 1940, alors que la terreur et les déportations font rage, un homme, Geoffrey Brook, professeur à Oxford nous éclaire sur le passé, sur John Arthur, héros et apôtre du Modernisme, sur la Très-Grande-Bretagne...
Dans ce livre, l'auteur dépeint ces régimes totalitaires qui prennent naissance dans la peur et la souffrance. Les options prises pour le récit demeurent tout à fait plausible, la montée en puissance de la terreur y est décrite sans retenue, de ses débuts jusqu'à son apothéose. L'écriture qui, d'habitude dans ce genre littéraire n'est pas poussée, est ici magnifique. Un rythme savamment dosé, un récit qui malgré de longues descriptions ne perd pas de sa puissance... Enfin, ce professeur en recherche perpétuelle de son identité devient vite attachant dans cet environnement meurtrier. Ses interrogations existentielles (le mal, le bien, le pourquoi...) permettent de nous pousser à une réflexion intéressante mais sans leçons de morale...
Petit passage résumant l'idée du bouquin "Que se serait-il passé si les parents de Bonaparte, Carlo et Maia Letizia, ne s'étaient pas rencontrés? Les historiens normaux considérent ce genre de questions comme ridicules, mais elles jettent une lumière nouvelle sur les évènements. L'Histoire en eût-elle été changée, ou un autre homme se fût-il élevé de même, penseur, militaire, administrateur aussi doué que le Corse, mais également condamné à sous-estimer la puissance navale britannique et la cruauté de l'hiver russe?"
Un très bon livre d'un auteur encore méconnu en France!
Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 07:34
Détails sur le produitJe lis rarement deux livres d'un même auteur en un laps de temps assez court mais, les habitudes sont faites pour être bousculées.
"Une adoration" de Nancy Huston (Ed Actes Sud) nous raconte l'histoire du procès d'un certain Cosmo, avec un système de narration tout à fait atypique, où tour à tour, les personnages prennent la parole afin de raconter leur existence avec cet homme, leur relation... Au fil des pages, les possibilités se réduisent, les mensonges et les vérités éclatent au grand jour, les petits secrets si bien gardés deviennent connus de tous... Une foule de détails, de confidences, de traitrises inondent le récit.... Elke, Fiona et Franck, Josette, Véra, André nous narrent leur vision de Cosmo, comédien adulé mais malade...  L'atmosphère du tribunal, ce huit-clos où seulement les témoins interviennent, donne au livre un climat étrange, étouffant...
Ce bouquin, bien qu'avec une idée de départ assez prometteuse, tombe vite, non en fait, ne démarre jamais... Les 150 premières pages sont d'un ennui monumental... Une foule de descriptions inutiles contraint le lecteur à se faire violence pour poursuivre ce procès. De plus, le choix de l'auteur de donner la parole aux objets tels la passerelle, le couteau fait virer le livre dans l'incongru...
Grosse déception....
Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /Mai /2009 07:35
Détails sur le produitMI-5, MI-6, DST, FBI, CIA sont tellement d'abréviations que l'on voit plus souvent à la télévision en super-héros qu'on a des difficultés à se les représenter dans la réalité.
"Mossad : Les nouveaux défis" de Gordon Thomas (Ed Nouveau Monde) est une enquête nous éclaire sur tout un système de surveillance, de renseignements, passant la plupart du temps totalement inaperçu mais qui dirige bel et bien le monde. On apprend énormément de choses sur le Moyen-Orient, la politique de la course à l'armement nucléraire, sur les différents soutiens que possède chaque nation. Israël et les Etats-Unis, Grande-Bretagne... L'iran et la Chine, le Pakistan, la Corée du Nord... On est souvent surpris par les connaissances de l'auteur, cela donnant un sentiment d'irréalité par rapport à tout ce qui est dit. Le Mossad, service secret israëlien y est décrit de long en large, avec toutes ses fonctionnalités, son équipe d'assassinat (le Kidon)... Une anecdote sur le film "Munich" de Steven Spielberg (massacre d'athlètes israëliens en 1972), où dirigeants, agents du Mossad après le visionnage du film en dirent "Distrayant, peut-être. Fidèle aux faits, absolument pas".
Ce livre qui se lit particulièrement bien avec un ordre chronologique parfait, les descriptions des personnages politiques citées complètes (donnant peut-être un aspect fouillis...et encore) nous entraîne dans un univers opaque, silencieux et nous permet de cerner un peu mieux les problèmes directs du Moyen-Orient, des turbulences qui animent notre monde aujourd'hui. Seul défaut à ce livre, le parti pris de l'auteur pour le Mossad, celui-ci nous donne l'impression d'une supériorité inégalable de ce service, du bienfait constant de ces actions...Enfin, un peu trop propagande à mon goût... Mais ceci ôté, excellente enquête!
Par Mayennais - Publié dans : Critiques
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  • Mayennais
  • Avec les mots on ne se méfie jamais assez.
  • Homme
  • 31/07/1984
  • Histoires de livres... Critiques dithyrambiques ou assassines... Coups de coeurs et coups de gueules... Engueulez-moi si vous en avez envie! Félicitez-moi dans le cas contraire, cela n'engage à rien. Un sourire virtuel gratuit.

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